Si on redéfinissait notre relation au vivant ? Ce que permet la certification B Corp.
Article par Alexis Houser, Equipe Pédagogie chez B Lab France.
Alors que les crises climatiques et l’effondrement de la biodiversité s’entremêlent et s’accélèrent, une question s’impose de plus en plus clairement : quel est le véritable lien entre les entreprises et le vivant ? Avec la publication du livre blanc “The Nature of Business”, B Lab propose une nouvelle grille de lecture pour comprendre comment les entreprises peuvent réduire leurs pressions sur les écosystèmes et contribuer à limiter le réchauffement climatique en-dessous de +1,5°c par rapport à l’ère pré-industrielle selon l’Accord de Paris.
« The Nature of Business », nous montre comment les B Corp transforment déjà leurs ambitions en actions concrètes, ouvrant la voie à une économie mondiale qui fonctionne en s’inscrivant dans les seuils des limites planétaires.
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Un constat : des crises environnementales multiples
Le monde est aujourd’hui confronté à plusieurs crises environnementales, du changement climatique à la pénurie d’eau, en passant par la perte de biodiversité. Nos systèmes économiques actuels ont conduit la planète à dépasser sept des neuf limites planétaires, notamment le changement d’usage des sols, les ressources en eau douce, l’intégrité de la biosphère et des océans, qui sont essentielles à la stabilité de la Terre.
En tant que contributrices importantes à la pollution et consommatrices de ressources naturelles, les entreprises jouent un rôle conséquent dans ces crises. Mais elles peuvent également devenir des espaces d’innovation et des moteurs de solutions. Il est urgent de faire évoluer les modèles d’affaires pour aller vers des économies plus circulaires, qui préservent mieux les ressources et contribuent à un avenir durable.
Ce livre blanc montre que les entreprises peuvent faire preuve de leadership et adopter des pratiques qui vont au-delà de ce que fait une entreprise conventionnelle. Il examine la performance des entreprises B Corp selon la version 1.6 des standards de B Lab dans trois domaines clés : la circularité, la gestion environnementale et l’action climatique. Il explore ensuite l’impact potentiel de la communauté lors de la transition vers les nouveaux standards (version 2.1), dans lesquels toutes les entreprises B Corp devront satisfaire aux exigences en matière de Gestion Environnementale, de Circularité et d’Action Climatique.
5 résultats clés du livre blanc
- Les entreprises B Corp montrent la voie en adoptant des pratiques dans trois domaines interdépendants : la circularité, la gestion environnementale et l’action climatique. Cela ne signifie pas pour autant que les entreprises B Corp ont déjà atteint leur objectif en matière d’ancrage dans les limites planétaires ; nous avons identifié des axes d’amélioration continue qui seront soutenus par l’introduction de la version 2.1 des standards de B Lab.
- Les entreprises B Corp adoptent un éventail beaucoup plus large de pratiques environnementales et climatiques. Les entreprises qui adoptent davantage de pratiques ont tendance à obtenir de bien meilleurs résultats en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et de consommation d’énergie. Cela suggère que l’ampleur et la portée des actions environnementales, et non pas seulement des efforts isolés, sont essentielles pour avoir un impact.
- La mesure et la déclaration des émissions de GES constituent une pratique structurante pour les entreprises. Cela souligne l’importance de la mesure et de la transparence comme point de départ pour permettre ensuite la réduction des émissions totales d’une entreprise.
- L’adoption d’objectifs alignés sur les connaissances scientifiques est une pratique efficace pour réduire les émissions de GES. Les objectifs alignés sur les connaissances scientifiques sont une pratique importante reconnue à l’échelle mondiale, et leur adoption est efficace pour réduire les émissions de GES.
- Si toutes les entreprises adoptaient des pratiques de gestion d’impact au même rythme que les entreprises B Corp, nous pourrions réduire la température mondiale de 0,5 °C (0,8 °F) d’ici 2100, ce qui constituerait une contribution significative à l’Accord de Paris. Grâce à En-ROADS, nous pouvons estimer que si toutes les entreprises adoptaient ces pratiques au même rythme que les entreprises certifiées B Corp, elles permettraient également d’ici 2100 d’éviter 600 000 décès dans le monde dus à la chaleur extrême et de réduire le risque d’extinction d’environ 4 % des espèces terrestres endémiques et 2 % des espèces marines endémiques, par rapport au scénario de référence.
Des pratiques de B Corp comme inspiration
Le rapport met également en avant des études de cas explorant la manière dont des entreprises certifiées B Corp pionnières mettent en place des pratiques clés en matière d’action climatique et environnementale. Découvrez ci-dessous un aperçu des B Corp présentées :
- Notpla, lauréat du prix Earthshot, s’attaque aux déchets plastiques avec des produits dérivés d’algues
- Le groupe biopharmaceutique Chiesi Group développe des inhalateurs à faible empreinte carbone sans compromis sur la sécurité, la facilité d’utilisation ou l’efficacité pour les patientes et patients
- Yerba Madre transforme la production de yerba maté grâce à l’agriculture régénérative en Amérique du Sud
- Dans le domaine de la mode, le programme Renew d’EILEEN FISHER a récupéré près de trois millions de pièces depuis 2009
- United Repair Centre est un pionnier de la réparation à grande échelle, travaillant avec des marques de mode mondiales pour placer la réparation au cœur de leurs modèles d’affaires
- Circ construit une usine de recyclage textile de 500 millions de dollars en France, la première à l’échelle industrielle