B Lab à ChangeNOW 2026 : La transformation commence au cœur des organisations et se déploie par les mouvements.
À ChangeNOW 2026, l’un des principaux événements mondiaux dédiés à l’innovation environnementale et sociale, organisé à Paris, un message est ressorti avec force : une transformation durable ne commence pas par une campagne, un objectif ou une figure de proue.
Elle commence au cœur des organisations, dans les décisions que les personnes prennent chaque jour. Et elle change d’échelle lorsque ces organisations avancent ensemble.
Depuis ses premières éditions, B Lab et ChangeNOW sont des partenaires de longue date, alignés autour d’une même mission. En tant qu’entreprise certifiée B Corp™, ChangeNOW fait elle‑même partie d’une communauté mondiale de plus de 10 000 entreprises certifiées, dont plus de 600 en France, présentes dans 160 secteurs et plus de 100 pays, employant collectivement plus d’un million de personnes, qui œuvrent au service des humains et du vivant.
En revenant en 2026 en tant que « Major Ecosystem Partner », B Lab a apporté cette double perspective sur scène, en contribuant aux conversations à la fois sur la transformation interne et sur l’action collective.
Ensemble, ils montrent comment le changement advient réellement, et le rôle que joue B Lab pour le rendre possible.
Transformation : quand les personnes la rendent tangible
Au sein des organisations, la durabilité commence souvent par l’ambition : des engagements forts, des trajectoires net zéro, des feuilles de route stratégiques.
Mais l’ambition seule ne suffit pas.
Comme l’a formulé Clay Brown, Chief Standards Officer chez B Lab : « Il s’agit d’en faire une pratique centrale de l’entreprise, et non un exercice de communication ou de conformité. »
C’est là que le travail de B Lab devient déterminant. À travers les standards de B Lab et des cadres comme la certification B Corp™, les entreprises sont accompagnées pour intégrer la durabilité dans chaque partie de leurs opérations, en transformant l’ambition en actions structurées et mesurables.
Car la transformation ne peut pas rester cantonnée au sommet.
Elle se joue – ou échoue – dans les décisions du quotidien : des achats au marketing, en passant par la finance.
Et comme l’a rappelé Otto Scharmer pendant l’événement : « Le succès d’une intervention dépend de l’état intérieur de celui ou celle qui intervient. » La transformation exige de nous toutes et tous un esprit ouvert, un cœur ouvert et une volonté ouverte. Pour les entreprises, cela signifie investir dans la culture, les compétences et le leadership – pas uniquement dans les indicateurs et les rapports.
Replay du panel « Internal Transformation: Employee Engagement & Sustainability as Organisational DNA »
De la raison d’être à la pratique : le chemin de transformation de Longchamp vers B Corp
Un exemple puissant de cette dynamique est celui de Longchamp : une maison de mode patrimoniale qui est récemment devenue entreprise certifiée B Corporation.
Cette certification envoie un signal fort : la durabilité n’est plus l’apanage de startups de niche ou de structures à but essentiellement social. Elle est désormais intégrée au cœur de grandes marques internationales grand public.
Comme l’a expliqué sur scène, aux côtés de B Lab, Adrien Cassegrain, Transformation & Sustainability Director : « La durabilité faisait déjà partie de notre ADN en tant qu’entreprise familiale. Mais la structure [B Corp] nous a vraiment aidés à aller plus loin, à fixer des objectifs clairs et à définir une feuille de route. »
Le cadre B Corp n’a pas seulement apporté une validation, mais aussi une direction.
Il a permis de formaliser la raison d’être dans la pratique, en alignant l’ambition des dirigeant·es avec l’exécution opérationnelle. Pour Longchamp, cela a impliqué de réévaluer les matériaux et les approvisionnements, de renforcer les politiques sociales et de gouvernance, et de mettre en place de nouveaux mécanismes internes pour suivre les progrès dans le temps.
Et surtout, il a rendu possible un basculement à l’échelle de l’entreprise : « L’idée est d’ancrer la durabilité au cœur de l’entreprise. Ce n’est pas un sujet annexe. La mise en œuvre relève de chaque équipe. »
Chez Longchamp, la transformation n’appartient pas à un seul département ; elle est répartie dans toute l’organisation.
« Nous essayons de créer ces espaces où les collaboratrices et collaborateurs peuvent proposer des idées… quand la relation va dans les deux sens, c’est beaucoup plus intéressant », a ajouté Adrien Cassegrain.
C’est à cela que ressemble la transformation interne en pratique : structurée, partagée et intégrée dans le travail de tous les jours.
Facilitation graphique du panel « Internal Transformation » par Sketch4Good :
Le chaînon manquant : de la motivation au mandat
Dans les organisations, un défi revient constamment : l’écart entre l’intention et l’action.
Les personnes se sentent concernées. Elles veulent contribuer. Mais elles n’ont pas toujours le sentiment de pouvoir agir.
Comme l’a souligné Sophie Lambin :« Les gens se sentent profondément concernés… mais je ne pense pas qu’ils aient nécessairement le mandat pour agir. »
Cette hésitation ne vient pas d’un manque d’engagement : elle tient au risque, à l’incertitude et à l’absence de clarté sur les attentes.
Réduire cet écart ne consiste pas à communiquer davantage. Il s’agit de travailler sur les systèmes.
Cela implique :
- d’intégrer la durabilité dans les rôles et les indicateurs de performance (KPIs)
- d’aligner la gouvernance sur les processus de décision
- de renforcer la capacité à gérer les arbitrages
- et de créer des espaces d’expérimentation
Car sans clarté ni permission, l’action se bloque. Et sans action, l’ambition reste abstraite.
Là aussi, les standards de B Lab et le B Impact Assessment offrent une feuille de route concrète : ils aident les entreprises à « câbler » la durabilité au cœur de leur structure, de leur gouvernance et de leurs modes de mesure, de sorte que les collaborateurs et collaboratrices soient en capacité d’agir – et ne dépendent pas uniquement de leur conviction personnelle.
De la culture d’entreprise à la force d’un mouvement
Même lorsque les organisations réussissent leur transformation en interne, le changement ne peut pas advenir en vase clos.
C’est là que le rôle de B Lab dépasse celui d’un simple accompagnement d’entreprise pour contribuer à l’action collective à grande échelle.
Comme l’a expliqué Sarah Schwimmer, co‑lead executive chez B Lab : « Ce que nous avons observé, c’est que les mouvements sociaux… fonctionnent au mieux lorsqu’il existe un cadre commun. »
C’est précisément ce que propose le mouvement B Corp.
Un standard partagé.
Un langage commun.
Une infrastructure globale pour l’action.
À travers des coalitions, des initiatives sectorielles et des engagements communs, les entreprises B Corp peuvent agir ensemble sur des enjeux qu’aucune organisation ne peut résoudre seule – de la justice climatique aux salaires décents.
Car le changement réel ne vient pas d’une entreprise isolée, mais de nombreuses organisations qui avancent dans la même direction.
Replay du panel « How to Organise Collective Action »Comme l’a exprimé Hikaru Hayakawa, Executive Director & Founding Director de Climate Cardinals : « Quand je pense à ce qui met les gens en mouvement, je pense à deux choses : la communauté et les opportunités d’avoir un impact. »
Et comme l’a ajouté Issey Gladston, Climate Communications Strategist chez Sexy Climate Change : « Personne ne se réveille un matin en se disant qu’il veut devenir organisateur ou organisatrice… il y a toujours quelque chose qui nous met en mouvement. »
Il en va de même pour les entreprises.
Elles ne se transforment pas du jour au lendemain. Elles bougent lorsqu’elles sont soutenues, connectées et qu’elles se sentent parties prenantes de quelque chose de plus grand qu’elles.
Facilitation graphique du panel « How to Organize Collective Action » par Sketch4Good :
La communauté B Corp à ChangeNOW
Au‑delà des panels, cette dimension collective a pris vie à travers la communauté B Corp elle‑même. À ChangeNOW, les B Corp se sont réunies pour marquer un jalon important : les 20 ans du mouvement.
Ce n’était pas seulement un moment de rétrospective, mais aussi de projection.
Lors de ce rassemblement, les entreprises se sont retrouvées autour d’une raison d’être partagée : un engagement pour l’action collective face aux enjeux sociétaux les plus critiques.
Comme l’a partagé Karen Lemasson, ImpACT and Open Innovation Director chez Laboratoires Expanscience : « B Corp n’est pas seulement un label, mais une communauté — une boussole qui nous guide vers plus de coopération et d’alliances. »
Chris Adamo, Head of Global Sustainability Impact and B Corp chez Danone, a confié : « C’est une communauté incroyable… la certification vient du terrain — elle repose sur ce que nous avons fait, pas seulement sur ce que nous disons. »
C’est ce qui différencie B Corp aujourd’hui. Ce n’est plus une certification de niche.
C’est un mouvement mondial, qui façonne la manière de faire des affaires, influence les discussions de politique publique et redéfinit la notion de succès.
Et au cœur de tout cela, il y a quelque chose de simple : les personnes.
Rompre le silence : du greenhushing au GreenSHOUTING
Aux côtés de la transformation interne et de l’action collective, un autre thème clé a émergé à ChangeNOW : la communication.
Il se passe quelque chose de discret dans le champ de la durabilité. Alors que les entreprises continuent d’agir, beaucoup ont cessé d’en parler.
Ce silence porte un nom : le greenhushing, et il crée un vide où la désinformation peut prospérer. Le greenhushing désigne la tendance croissante des organisations à sous‑communiquer ou à minimiser leurs efforts en matière de durabilité, souvent par crainte d’être accusées de greenwashing.
Pour y répondre, B Lab, en collaboration avec Creatives for Climate et la B Corp Nice and Serious, a lancé le GreenSHOUTING Guide à ChangeNOW.
Présenté sur scène aux côtés de la B Corp française Back Market, ce guide appelle à un changement de posture : Passer du silence à une communication confiante et crédible.
En s’appuyant sur des études de cas de plusieurs B Corp, dont Patagonia, Tony’s Chocolonely et Natura, le guide fournit des outils pratiques pour aider les entreprises à communiquer leur impact avec clarté et intégrité.
Car lorsque les voix crédibles se taisent, les progrès ralentissent.
Et lorsque les entreprises prennent la parole, ensemble, elles contribuent à façonner le récit.
Le GreenSHOUTING Guide est disponible en libre accès pour toutes les organisations prêtes à passer du greenhushing à un récit responsable et transparent de leur impact.
Télécharger le GreenSHOUTING Guide
La suite s’écrira ensemble
ChangeNOW 2026 a marqué les 20 ans du mouvement B Corp. Mais surtout, l’événement a dessiné les contours de ce qui vient après.
Dans un monde marqué par la complexité et l’urgence, la transformation dépendra à la fois du changement interne et de l’action collective.
Comme nous l’a rappelé Sarah Schwimmer : « Ce que nous ne pouvons pas faire, c’est confondre complexité et rigueur. »
La suite ne consiste pas à ajouter de nouvelles couches, mais à rendre l’action possible : au cœur des organisations, grâce à des personnes responsabilisées et entre les organisations, grâce à des mouvements structurés et partagés
Car, en fin de compte : « C’est nous qui nous sauverons… nous choisirons d’adopter des comportements que nous savons alignés avec nos valeurs. »
La transformation commence en nous. Et elle change d’échelle lorsque nous avançons ensemble.